Dashiki, été 2019 la tendance africaine à la mode

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Un bouillon étincelant et magique d’une qualité unique, enfouie dans les confins d’un continent en or. Chaque nouvelle collection ou saison de mode regorge d’importants traits, particuliers aux diverses cultures des 54 pays d’Afrique. Et, tous les pays du monde s’alignent désormais derrière le fameux « Dashiki ».

Yaoundé, Douala, Johannesburg, Brazza, Abidjan, Kinshasa, Cotonou, Le Caire, Tunis, Alger, Addis Abeba, Kampala, Luanda, Paris, Bruxelles, Londres, Miami, New York … j’en citerais plein d’autres mais l’essentiel a été dit : le « Dashiki » – de la contrefaçon à l’authentique – s’arrache dans toutes les capitales du monde comme de petits pains.

D’aucuns l’appelle la ‘Coulibaly’, la ‘Mamadou’, ‘Addis-Abeba’, ‘Myriam Makeba’, en référence à l’esprit africain ; d’autres ‘Fabregas’ ou ‘Ya Mado’ en rapport avec la chanson du même nom, du jeune artiste congolais Fabregas qui pullule de cette tenue, belle et appétissante de son originalité rare. Mais sa véritable appellation est le « DASHIKI ». Cette extraordinaire création vient bien  évidemment d’Afrique et ne date pas d’aujourd’hui…

L’histoire retient que…

Plus de 50 ans après sa création par Vlisco, il n’a jamais été aussi populaire. Une chemise en tissu traditionnel dont le motif fait son authenticité légendaire. En Yoruba, « Dashiki » signifie ‘’chemise’’…

Un seul nom : Toon van de Manakker. A l’époque, Créateur de textiles chez Vlisco, il s’inspire en 1963 des tuniques portées au 19ème siècle par les femmes de la noblesse éthiopienne pour élaborer un nouveau produit. Plus d’un demi-siècle plus tard, son tissu reste l’un des pagnes Java phares de la maison Vlisco, comme le souligne son directeur de création, Roger Gerards : « Associé au mouvement hippie dans les années 1960, il est également rattaché à la réflexion sur l’identité africaine pendant la vague des indépendances ainsi qu’à la confirmation de l’identité africaine-américaine dans les années 1970. Ce motif est donc à la mode, mais il est également un symbole de protestation pour les mouvements africains-américains », insiste Roger Gerards.

Encore un air de contestation, de révolte, d’affirmation identitaire, logé dans les détails insolubles du « Dashiki », éternel dans sa royale apparence.

Quand le monde célèbre le « Dashiki »

De Kinshasa à Bruxelles, il n’y a qu’un pas, et voilà que la capitale belge est elle aussi gagnée par le virus. « Difficile de s’y promener sans croiser dans la rue une personne qui le porte. Le ‘Ya Mado’ fait désormais partie de la culture vestimentaire », s’exclame Christelle Pandanzyla, l’initiatrice du Brussels African Market (BAM), qui réunit tous les deux mois une quarantaine d’exposants venu de plusieurs pays européens et africains.

Par ailleurs très prisé en ce moment en Côte d’Ivoire, le pagne y est connu sous l’un de ses nombreux noms, « Addis-Abeba », plus conforme à ses origines. « À Kigali, aussi, le dashiki est très populaire chez les jeunes, explique Regis Isheja », animateur de Rise and Shine, l’une des émissions les plus regardées par la jeunesse rwandaise sur la télévision nationale. « Le dashiki est devenu un phénomène de société, c’est difficile d’y échapper… Et le clip de Mascara qui continue à cartonner rend la chose ‘soin’, (« super »), comme on dit chez nous ! ». Après tout, la mode est un éternel recommencement.

Le vêtement de toutes les saisons

Le « Dashiki » brave les saisons et est fashion à tout moment. Printemps, Eté, Automne, Hiver, il passe partout ! Faut simplement savoir s’ajuster en fonction de la dite période l’année. Une incroyable épopée indémodable !

Certains le pensaient totalement dépassé, rangé dans les oubliettes de l’histoire de la mode. Et pourtant, années après années, il revient toujours plus fort, en général par l’intermédiaire d’artistes qui le mettent au goût du jour. Le dernier en date est Fabregas, avec son tube « Mascara » sorti en décembre 2014. Dans son clip, le chanteur congolais et son groupe arborent des chemises à motifs traditionnels « dashiki », aussitôt rebaptisées « Ya Mado » par la rue congolaise, du nom de la danse qui accompagne la chanson…

Et les stars se l’arrachent

En dehors des super stars africaines comme Magic System, Koffi Olomidé et les autres, WizKid, Dibi Dobo, Tach Noir, bref la jeune génération, il faut dire que le retour récent du dashiki, Outre-Atlantique, est essentiellement dû au styliste africain-américain Ron Bass. Ce dernier a créé le label de musique indépendant Royal Kulture, basé dans le Queens à New York, qui propose également une ligne vestimentaire afro-centrée et streetwear. En 2013, il lançait la série « Africa Leaders » puis, en 2014, la « Dashiki Jersey Kollection ». Succès fulgurant. Ses vêtements sont aussitôt portés par des personnalités comme Beyoncé, et d’autres… En 2014, le dashiki a été également utilisé par la marque de Los Angeles Dimepiece pour un modèle porté, cette fois, par la chanteuse Barbadienne Rihanna. Chris Brown, le Bad Boy de l’industrie a lui aussi arboré très souvent son dashiki, même sur scène…

En fait, chez de nombreuses stars américaines, il est devenu très tendance de porter un dashiki pendant la semaine de Kwanzaa (26 décembre-1er janvier), fête créée en 1966 par l’activiste Ron Karenga pour que les Africains-Américains renouent avec leurs racines. Une mode qui n’a vraisemblablement pas échappé à Fabregas… Pourtant, c’est bien sûr l’Afrique qui a vu naître le dashiki et qui en a fait le motif iconique que l’on sait – même si c’est un Néerlandais qui l’a commercialisé pour la première fois, lui donnant sa dimension internationale, il y a cinquante deux ans…

Les stylistes témoignent de la légende

« Il n’y a rien de nouveau au phénomène », envoie de son côté le créateur ivoirien Gilles Touré. Les gens redécouvrent le dashiki et les Africains qui vivent en dehors du continent se l’approprient pour revendiquer leur africanité. Je me souviens qu’il y a quelques années le groupe Magic System l’a porté lors d’un de ses concerts à l’Olympia. Aujourd’hui, la jeunesse s’identifie aux stars qui le portent, et c’est tant mieux », poursuit le styliste, qui se dit satisfait du mouvement « consommons africain ».

Toute une histoire derrière cette chemise qui trouve ses origines en Afrique grâce à la maestria de Vlisco. 50 ans après, le monde n’a jamais aussi bien célébré sa légendaire et authentique beauté unique. En plus, le Dashiki s’adapte à toutes les saisons et les models varient d’ailleurs indéniablement ; on ne s’arrête qu’à la simple chemise, le pagne est appelé à avoir de multiples transformations. Et dans tous continents, les stars se vêtissent honorablement de cette étoffe originale et aussi servent d’ambassadeur à sa popularité grandissante.  Un slogan me vient aussitôt à l’esprit : Dashiki, la conquête vestimentaire du monde par l’Afrique.

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